Diffuser des images de vidéoprotection : ce que les collectivités doivent savoir

Que ce soit un flux en direct, une capture d’écran ou une photo illustrant un mur d’images, la diffusion est strictement encadrée.

Diffusion d'images de vidéoprotection

Introduction

Les images issues de dispositifs de vidéoprotection peuvent valoriser le travail des services municipaux ou illustrer des actions publiques. Pourtant, la diffusion de ces images, qu’il s’agisse de flux vidéo, de captures ou de photos, est encadrée par plusieurs textes fondamentaux.

Cadre réglementaire essentiel

  • 📜 Code de la sécurité intérieure (CSI) — articles L.251‑2, R.253‑3 : seules les personnes habilitées peuvent visualiser les images de vidéoprotection et toute diffusion à des non‑habilités est interdite. CNIL – vidéoprotection
  • 🛡️ RGPD — protège les données personnelles : les images permettant d’identifier une personne sont considérées comme données personnelles. CNIL – RGPD
  • ⚖️ Droit civil — article 9 : droit à l’image ; toute personne reconnaissable doit consentir à la diffusion. Code civil
  • 📊 CNIL : recommandations sur la protection de la vie privée et l’usage des images de vidéoprotection. CNIL – bonnes pratiques

Extraction des images : procédure obligatoire

L’extraction des images issues d’un système de vidéoprotection n’est jamais libre. Elle ne peut intervenir que dans des situations précises et selon une procédure formalisée :

  • sur réquisition des autorités légalement compétentes (police judiciaire, autorité judiciaire) ;
  • ou dans le cadre des procédures prévues par la réglementation applicable ;
  • après consignation obligatoire de l’opération dans un registre dédié (date, motif, agent habilité, destinataire).

Cette traçabilité constitue une garantie essentielle contre les usages abusifs et assure le contrôle de l’utilisation des images. Toute diffusion en dehors de ce cadre — y compris à des fins de communication — constitue un détournement de finalité du dispositif.

Communication municipale et période électorale

En période électorale, la tentation de valoriser les actions de la collectivité avec des images de vidéoprotection peut être forte. Cependant, il est essentiel de respecter les règles suivantes :

  • 📌 Les images ne doivent jamais servir à mettre en avant un candidat ou un programme politique.
  • 📌 Toute diffusion publique (site internet, magazine municipal, réseaux sociaux) nécessite l’anonymisation complète des personnes et des véhicules filmés.
  • 📌 Les images issues de flux en direct ou de captures doivent respecter les obligations du CSI et du RGPD, même pour une simple illustration.
  • 📌 La finalité de la diffusion doit être clairement documentée et consignée dans le registre interne.
  • 📌 Les agents de communication doivent être formés aux contraintes légales et aux bonnes pratiques de floutage/anonymisation.

⚠️ Toute utilisation des images à des fins électorales, même indirectement, peut constituer un détournement de finalité et exposer la collectivité et ses élus à des sanctions.

💡 Conseil VID Conseil : planifiez la communication visuelle de la collectivité en amont et anticipez les périodes sensibles, en particulier lors des campagnes électorales.

Ce qui est autorisé ou non

- Un flux vidéo en direct ne peut être diffusé publiquement ou sur un réseau interne non sécurisé que dans des cas strictement encadrés et avec protection des personnes.

- Une capture d’écran ou une photo d’un mur d’images des CSU doit être floutée ou anonymisée si elle est visible par des non‑habilités.

⚠️ Le simple fait de partager une image sur un site municipal, un magazine, un réseau social ou un support électronique sans anonymisation expose la collectivité à des risques juridiques sérieux.

Bonnes pratiques pour collectivités

  • Limiter l’accès aux images aux personnes habilitées uniquement.
  • Flouter visages et éléments identifiables avant toute diffusion publique.
  • Documenter chaque diffusion, définir la finalité et obtenir les consentements nécessaires.
  • Informer les personnes filmées via signalétique conforme et transparente.
  • Former agents et services communication aux contraintes légales.

Conclusion

Valoriser un service municipal ou illustrer une action publique est possible, mais la diffusion d’images issues de dispositifs de vidéoprotection doit toujours respecter le CSI, le RGPD et le droit à l’image. Une diffusion non conforme expose la collectivité à des risques juridiques sérieux.

Besoin d’un accompagnement ?

VID Conseil accompagne les collectivités pour sécuriser la diffusion des images de vidéoprotection, audits et formations inclus.


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FAQ

Comment une commune peut-elle assurer la cybersécurité de son système de vidéoprotection ?

En mettant en place des réseaux sécurisés, un chiffrement des flux, une gestion fine des accès et des mises à jour régulières. VID Conseil audite et recommande les bonnes pratiques.

Un appel d’offres est-il obligatoire pour installer un système communal de vidéoprotection ?

Oui, dès que les seuils de marché public sont atteints. VID Conseil assiste les collectivités dans la rédaction du CCTP et le choix de solutions conformes.

Comment une mairie peut-elle demander une subvention pour la vidéoprotection ?

💶 Les collectivités peuvent solliciter la préfecture, le FIPD (Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance) ou des aides régionales. VID Conseil monte les dossiers de demande.

Qui peut exploiter et visionner les images de vidéoprotection dans une collectivité ?

Seules des personnes habilitées par arrêté du maire ou du président de collectivité peuvent visionner les images, souvent au sein d’un CSU (Centre de Supervision Urbaine). VID Conseil conseille sur l’organisation et la mise en conformité de l’exploitation.

Quelle formation prévoir pour les agents d’un CSU (Centre de Supervision Urbaine) ?

Les opérateurs doivent être formés aux aspects réglementaires, à la gestion des incidents et à la protection des données. VID Conseil propose des formations pratiques et conformes.

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