Polices municipales et vidéoprotection : ce que prévoit le projet de loi

Une synthèse claire des dispositifs vidéo autorisés et encadrés pour les polices municipales et gardes champêtres.

Polices municipales et vidéoprotection

Un projet de loi qui élargit les prérogatives

Le projet de loi n°97 (2025‑2026) encadre et étend l’usage des dispositifs vidéo pour les polices municipales et gardes champêtres.

Il inclut la vidéoprotection fixe, les LAPI, les caméras individuelles et les drones.

Cadre général et rôle des agents

Le Titre I du projet de loi (articles L.2211‑2 CGCT et L.512‑8 à L.512‑18 CSI) précise :

  • Les agents concourent au maintien de l’ordre, la tranquillité et la sécurité publiques, sous l’autorité du maire.
  • Le rôle judiciaire élargi leur permet de constater certaines infractions et de dresser des procès-verbaux.
  • Les dispositifs vidéo servent d’outil de preuve mais ne remplacent pas l’acte juridique humain.

Caméras fixes / vidéoprotection

Articles L.512‑15 et L.512‑18 CSI :

  • Permettent d’identifier des auteurs d’infractions et de compléter les constatations des agents.
  • Aident à la rédaction des procès-verbaux et à la preuve.
  • Respect strict du RGPD et durée de conservation limitée.

👉 Avant, les polices municipales pouvaient s’appuyer sur les images de vidéosurveillance pour leur sécurité, mais sans pouvoir les utiliser officiellement comme preuve. Avec le projet de loi, ces dispositifs deviennent un outil légal pour compléter leurs constatations, tout en respectant le RGPD.

LAPI (Lecture Automatisée de Plaques d’Immatriculation)

Article 8 et amendement COM‑145 :

  • Identification automatique des véhicules impliqués dans des infractions.
  • Permet de retracer des auteurs potentiels de dépôts sauvages.
  • Qualification juridique réalisée uniquement par un agent habilité.

👉 Jusqu’à présent, les polices municipales pouvaient utiliser la LAPI uniquement pour certaines infractions routières (FPS et voies réservées). Pour la voie publique en général, tout dispositif financé par la collectivité était exclusivement réservé aux forces de l’ordre régaliennes. Le projet de loi ouvre désormais la possibilité d’identifier les véhicules auteurs de dépôts sauvages, tout en laissant la constatation de l’infraction à l’agent.

Caméras individuelles (bodycams)

Article 7 et nouvel article L.241‑4 CSI :

  • Sécurisent l’intervention des agents.
  • Constituent des preuves en cas de conflit ou infraction constatée.
  • Usage facultatif, respect du RGPD et conservation encadrée.

👉 Les caméras individuelles restent facultatives, mais leur usage devient officiellement encadré, permettant aux agents de sécuriser leurs interventions et de constituer des preuves dans un cadre légal.

Drones et caméras aéroportées

Article 6 (expérimentation) :

  • Surveillance ciblée d’événements et prévention des infractions environnementales ou urbaines.
  • Usage limité à un cadre expérimental et par agents habilités.
  • Respect des plans de vol et de la réglementation aérienne.

👉 L’expérimentation des drones, qui existait dans certaines municipalités, est désormais intégrée dans le projet de loi avec un cadre précis : zones, durée et compétence des agents habilités.

Caméras embarquées dans les véhicules

Les caméras embarquées, installées dans les véhicules des polices municipales, permettent de filmer les interventions et la circulation, mais leur usage reste encadré par la réglementation existante.

  • Pas de modification dans le projet de loi n°97 : les amendements récents ne concernent que la LAPI et certaines infractions.
  • Les images restent soumises aux règles du CSI et au respect du RGPD, notamment pour la durée de conservation et la finalité.
  • Ces dispositifs ne peuvent pas être utilisés pour constater automatiquement des infractions, ni remplacer la qualification humaine.

👉 Cette section permet de distinguer clairement les caméras embarquées des caméras individuelles (portées sur l’agent) et de la LAPI (lecture automatisée des plaques), qui font l’objet de règles spécifiques dans le projet de loi.

Principes transversaux

  • 💡 Agents habilités et formés pour utiliser tous les dispositifs.
  • 🔒 Respect strict du RGPD et des règles CNIL pour la collecte et conservation des images.
  • 📝 La constatation des infractions reste un acte humain, la vidéo étant un outil complémentaire.

Synthèse des dispositifs vidéo

Dispositif Article CSI / Amendement Usage Limites / Encadrement
Caméras de vidéoprotection L.512‑15 & L.512‑18 Identification, aide à la preuve, constat infractions Constat juridique humain, RGPD
LAPI Article 8 / COM‑145 Identification automatique des véhicules Qualification par agent humain
Caméras individuelles Article 7 / L.241‑4 Sécurisation agents, preuve intervention Usage contextuel, RGPD
Drones Article 6 Surveillance ciblée, prévention infractions Expérimentation encadrée, plans de vol
Caméras embarquées (véhicules) Réglementation existante (CSI, RGPD) Filmer interventions et circulation Encadrées, non modifiées par le projet de loi, constat humain

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  • Technique : AMO vidéoprotection, informatique et RGPD,
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À retenir

  • 📹 Le projet de loi encadre et étend l’usage des dispositifs vidéo pour les polices municipales et gardes champêtres.
  • 💡 Les dispositifs (vidéoprotection, LAPI, caméras individuelles, drones) sont des outils d’aide à la constatation, mais le rôle humain reste central.
  • 🔒 RGPD et CNIL : toutes les images doivent être sécurisées et conservées pour une durée légale limitée.
  • 🛠️ LAPI et drones sont strictement encadrés et soumis à des conditions de compétence et d’expérimentation.

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FAQ

La gendarmerie ou la police municipale peut-elle accéder aux images d’une commune ?

👮 Oui, dans le cadre légal. Un protocole doit être signé avec les forces de l’ordre. VID Conseil aide à formaliser ces conventions.

Quelle est la différence entre vidéoprotection et vidéosurveillance dans le cadre d’une collectivité ?

La vidéoprotection désigne les systèmes installés dans l’espace public avec autorisation préfectorale. La vidéosurveillance concerne les lieux privés. VID Conseil clarifie les usages et accompagne dans le choix du dispositif adapté.

Comment une mairie peut-elle demander une subvention pour installer des caméras ?

Les demandes se font auprès de la préfecture via le FIPD (Fonds Interministériel de Prévention de la Délinquance). VID Conseil monte les dossiers et optimise les chances de financement.

Comment intégrer le RGPD dans un projet de vidéoprotection pour une mairie ou une collectivité ?

Les collectivités doivent désigner un DPO, rédiger un registre de traitement, informer les administrés via une signalétique claire et limiter la durée de conservation des images. VID Conseil fournit les modèles et assure la conformité juridique.

Une collectivité peut-elle obtenir des subventions pour financer la vidéoprotection ?

Oui. L’État, les régions et parfois les départements proposent des aides financières. Les dossiers de subvention doivent être argumentés et conformes à la réglementation. VID Conseil prépare et optimise vos demandes pour maximiser vos chances d’obtention.

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